mercredi, 14 juin 2017 05:21

Santé connectée : les nouvelles perspectives

Écrit par  Chloé Consigny
Santé connectée : les nouvelles perspectives © DR

POINT MARCHÉ - Selon un récent sondage réalisé par l’institut ViaVoice, 54 % des Français pensent que les objets connectés leur permettront d’améliorer leur santé. Une petite majorité donc, d’ores et déjà convaincue des bien fondés d’une alliance entre le digital et le bien-être.

Dans les mois à venir, l’ensemble des acteurs de la santé devraient voir leur cœur d’activité profondément chamboulé par l’immersion du digital. Depuis plusieurs mois, le nombre d’offres mises sur le marché progresse rapidement : applications smartphone et appareils de mesures connectés (bracelets, montres, pèsepersonnes) sont autant de petits outils qui chaque jour gagnent davantage de place dans le quotidien des Français. Face à cette évolution, les professionnels du secteur doivent se positionner rapidement, de sorte à ne pas laisser de côté d’importants relais de croissance. « Les professionnels, qu’ils soient assureurs, mutualistes ou experts de la santé ont tout à perdre à ne pas prendre le virage du digital. Après avoir opéré la dématérialisation quasi complète du parcours client, les assureurs et mutuelles se penchent aujourd’hui sur l’utilisation des objets connectés. Il y a là à la fois un enjeu de fidélisation, mais également de conquête clients, notamment auprès des seniors. Pour cette catégorie de clientèle en particulier, les objets connectés offrent un important potentiel de développement, notamment autour des enjeux du maintien à domicile et de la Silver économie », explique Matthieu Henry d’Aulnois, manager chez Solucom, practice Business & Transformation, secteur banque/ assurance. Ainsi, les assureurs et les mutuelles sont aujourd’hui en première ligne et tentent de se différencier dans un contexte devenu ultra concurrentiel. « Nous avons été le premier assureur à lancer une application sur Apple Watch qui permet en temps réel d’informer les clients de l’avancée de leurs remboursements », explique Nathalie Lahmi, directrice marketing digital chez Allianz France qui poursuit : « nous sommes convaincus que les objets connectés peuvent aider nos clients à gérer leurs pathologies au quotidien. C’est la raison pour laquelle, nous les encourageons à s’en équiper pour suivre leur état de santé. Afin de favoriser l’utilisation de ces objets intelligents, nous accordons des réductions à nos clients auprès de notre partenaire i-Health ».

UNE FIABILITÉ ENCORE MISE EN DOUTE

Harmonie Mutuelle a déjà franchi le cap des objets connectés à destination des séniors, en imaginant en partenariat avec Orange Phony : un boîtier connecté destiné aux personnes âgées. Ce nouveau service de téléassistance va permettre de sécuriser le sénior (en cas de malaise ou de chute), mais également le domicile de l’assuré en cas d’incendie ou d’inondation. « Cette offre fait partie de la nouvelle génération solutions de téléassistance que nous avons conçues en partenariat avec Orange. Grâce à ce partenariat, nous sommes à même d’accompagner chaque personne dans une approche personnalisée et globale. Chaque utilisateur de Phony peut ainsi faire évoluer son boitier en fonction de ses besoins », précise Pierre Brun, directeur stratégie offre et innovation chez Harmonie Mutuelle.

Chez Malakoff Médéric, en revanche, pas question pour l’heure de faire entrer les objets connectés dans un panier global de soin, comme l’explique AnneSophie Godon, directrice innovation : « La fiabilité des objets connectés santé à destination du grand public commence aujourd’hui à être questionnée par les experts. Dans le même temps, lors du CES à Las Vegas, des dizaines d’entreprises sont venues nous proposer des objets connectés à destination des séniors très similaires en termes de fonctionnalité les uns des autres. Nous sommes aujourd’hui davantage dans une ré exion autour de l’usage réel de ces objets et attendons que le marché s’organise et s’assainisse ».

TROIS QUESTIONS À Freddy Wacheux, co-fondateur de Dynacare

Quelle est la spécificité de Dynacare ?

À la grande différence des acteurs actuels des wearables, nous avons imaginé un objet connecté qui s’inscrit dans un écosystème plus large. Nous proposons donc un simple capteur à porter à la ceinture qui n’est pas un objet connecté seul, mais qui fait partie d’un programme plus large, alliant conseil et technologies connectées. À l’heure actuelle, les spécialistes des wearables constatent que le développement du marché n’est pas à la hauteur de leurs attentes. Dans les faits, la durée de vie moyenne d’un objet connecté est de huit semaines. Le problème de recharge de batterie vient souvent à bout de la motivation des utilisateurs. C’est la raison pour laquelle, nous proposons une solution globale, destinée à accompagner les utilisateurs sur le long terme, via notre programme Dynamoove.

Quelle est la technologie utilisée ? Quel programme proposez-vous ?

Le capteur que nous commercialisons n’est pas une révolution en soit. Il s’agit d’un simple capteur de pas. Néanmoins, nous avons apporté la plus grande attention à sa conception en faisant valider la précision des données récoltées par un laboratoire suisse. Ce capteur se porte à la ceinture et non au poignet, car les études prouvent que la marge d’erreur des objets connectés portés au bras est de l’ordre de 40 à 60%. Notre écosystème ne s’adresse pas aux sportifs, mais aux sédentaires et à tous ceux qui ont besoin d’opérer un retour à une activité physique plus régulière. Le capteur va récupérer l’ensemble des données concernant l’activité physique de l’utilisateur. L’application mobile et la plateforme web communautaire permettent ensuite donner à l’utilisateur des objectifs adaptés à ses besoins et à sa capacité.

Quel est votre buisness modèle ?

Notre parti-pris est de nous adresser aux mutuelles et aux assureurs. Pour ce faire, nous leur apportons la preuve qu’en prenant soin de ses assurés et de ses adhérents, le retour sur investissement est tangible. Pour l’heure, nous sommes déjà partenaires de la Mutuelle Just’ ainsi que du courtier régional d’assurance UCF et nous comptons poursuivre notre développement.

Écrit et propos recueillis par Chloé Consigny

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