dimanche, 11 juin 2017 03:33

L’IPBX devient « mobile »

Écrit par  Jean-Pierre Soules
L’IPBX devient « mobile » © DR

POINT MARCHÉ - Le besoin de communiquer en tout temps et en tout lieu a donné naissance à une gamme d’applications mobiles qui permettent aux employés d’être reliés en permanence à l’IPBX avec tous les services de communications unifiées qu’il offre.

A l’heure de la mobilité, les employés ne sont plus rivés à leur poste de travail. Pour autant, ils veulent disposer, en déplacement, des mêmes services. Aussi, plusieurs constructeurs d’IPBX proposent-ils des logiciels clients sur smartphones et tablettes qui restituent sur le mobile tout ou partie des services fournis par l’IPBX.

DES APPLICATIONS POUR SMARTPHONES ET TABLETTES

Le plus souvent, au lancement de l’application (logiciel client) un tunnel s’établit automatiquement. Le mobile est alors connecté, comme un poste fixe, à l’IPBX et bénéficie de toutes les fonctions de celui-ci. La plupart du temps ce client est gratuit.

C’est le cas de la solution 3CX. « L’application 3CX se télécharge sur smartphone Android, le plus répandu, iOS ou Windows Mobile, et établit un tunnel SSL avec l’IPBX logiciel de 3CX. Ce tunnel fonctionne sur WiFi ou sur la 3G/4G. Il est établi en permanence », explique Axelle Bourgeois, responsable France de 3CX. Cette application offre tous les services de CU de l’IPBX : téléphonie, messagerie écrite et vocale, présence, tchat et même visioconférence. À noter que l’usage d’un tunnel SSL permet de passer au-dessus des pare-feu et fonctionne donc en toute occasion. Même type de solution chez Alcatel-Lucent Entreprise (ALE). «Notre client lourd, OpenTouch Conversation, peut être installé sur PC, tablette ou smartphone Android ou IOS, précise Christophe Mathiolon, responsable avant-vente des solutions de communication unifiée. Un tunnel SSL relie le mobile à un Reverse Proxy, porte d’entrée de l’entreprise.» De là, il atteint l’IPBX interne. Le petit plus chez ALE réside dans la possibilité de basculer une communication d’un smartphone vers un poste fixe via NFC (étiquette RFID sur le poste fixe) ou QR Code (image sur le poste qu’il suffit de flasher).

Côté Innovaphone, le client MyPBX existe en deux versions. «La première version, myPBX pour Android et IOS, qui est, par définition, l’extension du téléphone fixe et qui est disponible sur le Play store de Google et l’Apple Store, détaille Jérémie Bidal, chargé de l’accompagnement technique des partenaires certifiés chez Innovaphone. Seconde version, myPBX WebRT est un client léger, qui ne nécessite aucune installation sur PC, MAC, smartphone, basée sur le navigateur web. Une version de myPBX est aussi disponible sur PC Windows».

Cisco a été l’une des premières à proposer un client pour son Call Manager. Aujourd’hui, Jabber fonctionne avec Android, IOS et Windows. De plus, il s’intègre avec Cisco Webex (téléréunion) et Microsoft Outlook (messagerie). Chez Microsoft, Lync Web App pour Lync 2013 prend en charge l’audio et la vidéo et remplace le client de réunion Lync 2010 Attendee.

LES OPÉRATEURS GRANDS ET PETITS AUSSI

Les grands opérateurs, tels que Orange et SFR, disposent de telles offres dans leur cloud. Ils s’appuient le plus souvent sur les solutions de Cisco ou de Microsoft. Comme d’autres opérateurs plus spécialisés, Sewan propose également des communications unifiées dans son cloud, via son client Dialog qu’il a développé pour sa plateforme Broadsoft, et qui fonctionne sur smartphone et tablette Android et IOS (ainsi que sur Mac). «Aujourd’hui, ce sont principalement les grandes entreprises qui utilisent la communication unifiée, constate Alexis de Goriainoff, PDG de Sewan. Plus récemment, on voit de plus en plus les petites entreprises y venir».

A priori, le marché existe puisque, selon une estimation de Bouygues Telecom Entreprises, 63% des salariés utilisent un PC portable et 55% utilisent des smartphones, 19% des tablettes, et ce dernier chiffre augmente rapidement. Cependant, il y a loin de la coupe aux lèvres puisque près des deux tiers des employés estiment qu’ils ne disposent pas des applications mobiles qui pourraient leur faciliter le travail ou encore que les conditions d’utilisation sont trop rigides. Une attente corroborée par près de 40% des décideurs informatiques qui admettent ne pas pouvoir y répondre.

Écrit par Jean-Pierre Soules

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