samedi, 10 juin 2017 03:16

Virtualisation du poste de travail : les déploiements s’intensifient

Écrit par  Chloé Consigny
Virtualisation du poste de travail : les déploiements s’intensifient © DR

POINT MARCHÉ - La virtualisation du poste de travail va grandissant. En France comme à l’étranger, de plus en plus d’entreprises et de collectivités locales choisissent cette solution qui offre à la fois souplesse d’usage et mobilité. Au cours des prochaines années, ces solutions devraient connaître un développement exponentiel, tant sur le marché français qu’à l’international.

Aujourd’hui 100% de nos clients regardent les solutions offertes par la virtualisation du poste de travail», prévient d’emblée Carole Ledoux, Field Marketing Manager chez Dell. Par poste de travail virtualisé, on entend communément l’installation de l’environnement informatique c’est-à-dire du système d’exploitation et des applications sur un serveur, et non sur un poste de travail physique. Avec cette solution, les collaborateurs d’une même entreprise ont la possibilité de se connecter à leurs devices, quels qu’ils soient, en tous lieux et à toute heure. Actuellement, les tenants du marché sont des acteurs tels que Citrix ou encore VMware qui proposent à la fois des solutions packagées et des solutions sur mesure. C’est ainsi que VMware a développé deux approches : «la première approche est le “digital workspace”, une solution simple et optimisée afin d’offrir la meilleure expérience possible en fonction du lieu d’utilisation. La seconde est une solution plus poussée, réalisée sur mesure en fonction des besoins des clients», explique Karim Djamai, directeur mobilité chez VMware France. Autre acteur de poids du secteur : le groupe Citrix, qui compte aujourd’hui 38000 clients actifs en France et 400000 dans le monde et dont les solutions phares XenApp et XenDesktop représentent actuellement 65% des revenus du groupe en France. «Ces produits permettent de s’affranchir de la contrainte technique du device», explique Emmanuel Schupp, directeur général de Citrix France, qui poursuit : «nos solutions sont adaptées en fonction des besoins de nos clients qui ont la possibilité de les ajuster selon leurs problématiques. Une fois la solution implémentée, le nombre de postes de travail à virtualiser est quasi-infini. Un de nos clients en France a ainsi virtualisé 110000 postes, tandis qu’un de nos clients dans le monde possède aujourd’hui près de 350000 positions ». Côté mise en place, le temps d’équipement d’une entreprise varie en fonction de ses besoins et de l’outillage choisi : «Il faut bien avoir à l’esprit que les solutions aujourd’hui commercialisées sont très faciles d’utilisation et peuvent être rapidement prises en main par des utilisateurs lambda. Finalement, je dirais que tout est une question d’appropriation du projet. En effet, lorsque les services informatiques portent la solution, celle-ci est beaucoup plus rapidement mise en place et adoptée en interne», explique Emmanuel Schupp. Un constat également partagé au sein d’Orange Business Services, comme l’explique Valérie Lafdal, directrice générale de Neocles (filiale d’Orange Business Services) : « il nous est arrivé de passer devant un comité d’entreprise afin d’expliquer l’intérêt de la virtualisation. Même si nos solutions sont pré-industrialisées, il est nécessaire de réaliser un vrai accompagnement au sein de l’entreprise ».

ACCOMPAGNER L’ENTREPRISE DANS SON APPROPRIATION DES SOLUTIONS

Ainsi, une fois la solution mise en place, reste à faire en sorte qu’elle soit adoptée au sein de l’entreprise. Pour une solution globale, les entreprises font souvent appel à des prestataires de services informatiques qui euxmêmes ont noué des partenariats avec les spécialistes du secteur. C’est le cas de Dell qui a opéré des rapprochements avec Citrix et VMWare. «Dell est aujourd’hui à même de fournir aux entreprises des solutions de bout en bout. La virtualisation est la partie visible. Derrière, il y a toute l’infrastructure réalisée par nos ingénieurs», explique Carole Ledoux. D’autres spécialistes proposent des formations dédiées pour accompagner leurs clients : «pour démarrer de manière fluide sur AWS [Amazon Web Services, ndlr], nous proposons des formations aux architectes et spécialistes du métier qui vont pouvoir aborder le cloud de façon fluide et efficace», précise Stephan Hadinger, Head of Architecture AWS , chez Amazon Business Services, qui poursuit : «nous avons par ailleurs mis en place des programmes de certification des compétences acquises en fonction des niveaux (associate ou professionnel, NDLR). Ces certifications sont aujourd’hui très valorisées sur le marché du travail».

NOUVELLES AVANCÉES EN TERMES DE SÉCURITÉ

Côté sécurité, les entreprises qui perçoivent le cloud comme un danger semblent dorénavant en minorité : «aujourd’hui la sécurité est devenue l’un des moteurs qui incite les entreprises à aller vers une virtualisation de leurs ressources, et ceci quel que soit leur typologie ou leur secteur d’activité. En effet, en cas du vol du matériel, les données sont sécurisées dans les datacenters et les voleurs ne peuvent y accéder», explique Carole Ledoux.

SÉDUIRE LES DIGITAL NATIVE

De fait, les spécialistes de la virtualisation du poste de travail ont développé plusieurs niveaux de sécurité, comme le détaille Karim Djamai : «Dans nos solutions déployées, nous avons mis en place plusieurs types de sécurité : il y a tout d’abord l’identifiant utilisateur, mais aussi la sécurité contextuelle et la gestion des datas. Pour la gestion des datas, le donneur d’ordres a la possibilité de choisir de conserver les données à l’intérieur de l’entreprise ou de les stocker à l’extérieur, soit dans un datacenter, soit dans un provider de cloud». La virtualisation du poste de travail devrait largement se diffuser au cours des prochaines années au sein des entreprises, mais également au sein des collectivités locales ou des établissements publics. Pour toutes ces typologies d’activité, c’est une question de sécurité et de gestion des données sensibles, mais également une question d’image : «Il faut bien avoir à l’esprit que la génération digitale native arrive aujourd’hui progressivement sur le marché du travail. Ces jeunes recrues ont des habitudes de mobilité et recherchent des outils qui leur offrent une grande souplesse. Pouvoir leur offrir cette flexibilité est aujourd’hui fondamental pour les groupes qui cherchent à recruter», conclut Carole Ledoux.

Écrit par Chloé Consigny

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