samedi, 10 juin 2017 02:58

Distribuer les tablettes de nouvelle génération

Écrit par  Christophe Dutheil
Distribuer les tablettes de nouvelle génération © DR

POINT MARCHÉ - Le marché des tablettes, particulièrement chahuté depuis plusieurs mois, reste vigoureux. Les constructeurs parient sur les usages simultanés de plusieurs terminaux, en fonction de l’endroit où se trouve l’utilisateur. Et les distributeurs tentent de clarifier l’offre.

Après des années de folle croissance, le marché des tablettes est en net ralentissement depuis plusieurs trimestres : selon IDC, les volumes internationaux de ventes ont fléchi de 10,1% en 2015, et ils devraient de nouveau perdre 9,6% cette année. Pour ce cabinet, l’atonie du marché s’explique par au moins deux facteurs. D’une part, les sauts technologiques, d’un modèle à l’autre, semblent trop faibles pour justifier un renouvellement rapide des ardoises de première génération. D’autre part, les ordinateurs hybrides ou « deux-en-un » (PC et écran détachable) sont venus cannibaliser une partie des ventes de tablettes, en particulier sur le marché des utilisateurs les plus exigeants, qui utilisent leurs tablettes pour écrire ou retoucher des documents...

L’hybride va-t-il signer l’arrêt de mort des tablettes ? C’est peu probable. Plus de 100 millions de tablettes classiques devraient être commercialisées chaque année d’ici 2020, notamment dans les pays émergents où l’unique terminal du foyer devrait de plus en plus souvent être une tablette ou un smartphone. Partout, les faibles coûts des tablettes classiques Android ou Windows (de 150 à 180 dollars en moyenne, selon IDC) constituent aussi un attrait pour les utilisateurs en quête d’un terminal d’appoint, permettant de consulter une messagerie ou de regarder un fichier multimédia sans quitter le canapé du salon.

ENTRÉE ET HAUT DE GAMME

« Les ardoises continueront encore longtemps de répondre à un besoin », estime Jean-Philippe Bouchard, directeur de recherche chez IDC, tout en soulignant la rapide montée en puissance de nouveaux fournisseurs, comme Amazon, qui « ont adopté une approche très ciblée en termes de positionnement et de prix »... Au deuxième trimestre 2016 – marqué par une baisse de 12,6% des volumes de ventes par rapport à la même période un an plus tôt, selon IDC – le géant américain du commerce électronique s’est d’ailleurs hissé dans le top 5 des principaux fournisseurs de tablettes (juste derrière Apple, Samsung, Lenovo et Huawei) avec plus d’1,6 million de tablettes à petits prix écoulées à l’international. Ses terminaux Fire, en partie financés par les publicités diffusées sur les écrans de veille, sont proposés à des tarifs très alléchants : à l’heure où nous écrivons ces lignes, il faut compter 59,99 euros pour un Fire doté d’un écran de 7 pouces et 99,99 euros le Fire HD 6, qui arbore quant à lui un tout petit écran de 6 pouces.

À l’opposé du spectre, Microsoft ne commercialise pas « en propre » des ardoises classiques (son système d’exploitation Windows anime les tablettes de constructeurs partenaires). Mais il investit dans les « hybrides » et les formats « deux-en-un », avec deux grandes familles de terminaux destinées aux « utilisateurs qui ont besoin de puissance et de performance », détaille Quentin Hilbert, chef de produit Surface pour Microsoft. La Surface Pro 4, sortie fin 2015, est présentée comme une « tablette qui remplace votre ordinateur » : son écran tactile de 12,3 pouces et son pied « multi-position » peuvent être complétés (en option) par un stylet (Surface Pen) et un clavier (Type Cover) autorisant une transformation rapide de la Surface Pro 4 en un ordinateur portable. Dans la même logique, le PC portable Surface Book de Microsoft, également lancé fin 2015, bénéficie d’un stylet et d’un écran tactile détachable (ou pivotable) de 13,5 pouces.

MOBILITÉ, DIVERTISSEMENT OU LES DEUX

Mais la plupart des fabricants – Acer, Asus, HP, Lenovo ou Samsung... jouent sur les deux tableaux et proposent à la fois des détachables et des tablettes classiques à leurs clients. Pour quelles cibles de clients ? « On conseille l’une ou l’autre catégorie de produits en fonction de ce que le client nous dit sur l’utilisation qu’il compte en faire », relève Loïc Grégoire, directeur produits « B-to-B » et « B-toC » chez Acer. « Une tablette est idéale s’il s’agit de naviguer sur le Web, de consulter une messagerie ou bien de regarder occasionnellement des fichiers multimédias. Mais un deux-en-un sera en général plus approprié dès lors que l’utilisateur souhaite rédiger régulièrement des courriers, stocker des fichiers volumineux ou bien utiliser un tableur... » Ce spécialiste conseille aussi aux distributeurs de questionner les prospects sur les terminaux dont ils disposent déjà. « Dans un foyer comptant plusieurs membres, la tablette vient souvent en complément d’un ordinateur de bureau ou d’un PC portable (notamment pour les enfants, qui adorent les écrans tactiles !) ». Pour guider leurs clients dans le choix d’une tablette, sur un marché particulièrement touffu, les plus grands distributeurs ont aujourd’hui adopté des signalétiques idoines. Dans son magasin du centre commercial Le Millénaire, en Ile-de-France, Boulanger a par exemple déployé des panneaux précisant les caractéristiques importantes pour chaque typologie de client : enfant, ado, adulte ou senior. Dans la même veine, l’affichage oriente les clients qui «privilégient la mobilité» vers les tablettes de 7 ou 8 pouces, tandis que ceux qui « privilégient le confort d’utilisation » sont dirigés vers des écrans tactiles de 9 ou 10 pouces... Quid de la connectivité 3 ou 4G ? « Ce n’est pas un argument de vente très porteur en France, où les foyers sont déjà très bien équipés en box multimédias, permettant de connecter en WiFi les tablettes à Internet », prévient Loïc Grégoire chez Acer.

NOUVELLES FONCTIONNALITÉS

L’innovation n’en reste pas moins très présente sur ce segment, où chaque nouveauté fait office d’argument commercial jouant en faveur des tablettes. Entre autres exemples, Lenovo – à la tête d’une gamme comprenant des détachables et des ardoises de 7, 8 et 10 pouces – se démarque avec une nouvelle tablette Android haut de gamme dénommée Yoga Tab 3. Elle embarque une double connectivité (4G LTE et WiFi), un projecteur rotatif pour la vidéo et quatre haut-parleurs JBL intégrés pour le son. « À la maison, cette tablette s’avère intéressante pour projeter des vidéos sur grand écran. Et en déplacement professionnel, elle permet de diffuser facilement un powerpoint lors d’une réunion... », indique Jean-Philippe Castelain, chef de produits tablettes chez Lenovo.

À l’instar d’autres modèles, la Yoga Tab 3 de Lenovo affiche une autonomie élevée (jusqu’à 18 heures) et elle est compatible avec la technologie AnyPen, qui « permet d’utiliser n’importe quel ustensile comme un stylet » (par exemple pour dessiner un croquis ou pour prendre des notes manuscrites pendant une formation...). Gageons que ce n’est qu’un début.

Écrit par Christophe Dutheil

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