mardi, 02 mai 2017 15:27

IPBX Communications unifiées à tous les étages

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IPBX Communications unifiées à tous les étages © DR

POINT MARCHÉ - Menacés par les nouvelles solutions de téléphonie hébergées dans le cloud, les IPBX (autocommutateurs PABX sous IP, aussi appelés PBX IP) n’ont pas dit leur dernier mot. Pour répondre à la demande des plus petites entreprises, ils intègrent désormais de plus en plus d’outils de communications unifiées.

Pas facile de se faire une idée du marché potentiel des autocommutateurs (PBX), ces équipements et logiciels qui servent historiquement à mettre en relation les utilisateurs de réseaux téléphoniques professionnels. Au second semestre 2014, dans une des rares études régulières consacrées à cette famille de produits, le cabinet Infonetics Research (racheté par IHS fin 2014) se montrait pessimiste : il faisait état d’une baisse de 6% des ventes de PABX et d’IPBX sur un an, mais soulignait que le recul avait été amorti par une hausse de 31% des revenus trimestriels liés au sous-segment des communications unifiées.

Un an plus tard, le même cabinet laisse entrevoir des jours meilleurs pour les IPBX : les ventes d’autocommutateurs utilisant le protocole Internet affichent en effet une belle croissance de 6%. Ce qui traduit, d’après IHS, la volonté des entreprises de réduire les sommes investies dans les communications et les achats de téléphones (les solutions de voix sur IP étant souvent utilisées depuis le PC, via un micro-casque).

C’est aussi le signe que les sociétés prennent désormais à bras-le-corps le sujet du remplacement des « derniers » PABX fonctionnant avec des lignes téléphoniques traditionnelles. Un phénomène d’autant plus marqué en France qu’Orange, l’opérateur historique, a annoncé l’abandon progressif, d’ici 2022, de son réseau téléphonique commuté et des lignes RNIS qui permettaient jusqu’ici de raccorder les PABX.

CENTRAUX DE COMMUNICATIONS UNIFIÉES

Alcatel Lucent Enterprise, Avaya, Cisco et Mitel captent toujours à eux seuls une bonne partie du marché des IPBX. Mais la concurrence des éditeurs est rude, avec une montée en puissance de plus petits éditeurs comme Avencall, Centile, Swyx, Wildix ou 3CX.

Les piliers historiques ont donc en majorité fait évoluer leurs offres. « Aujourd’hui, les entreprises qui envisagent de s’équiper d’un IPBX nous sollicitent de moins en moins uniquement pour optimiser leurs systèmes de téléphonie, explique Fabien Medat, directeur technique « solutions de collaboration » chez Cisco France. La plupart en profitent pour s’informer aussi sur la possibilité de proposer à leurs collaborateurs d’autres canaux de communication, comme la visioconférence ou la messagerie... »

Conséquence logique : on parle moins de commutateurs ou de centraux téléphoniques que de serveurs de communication pensés pour les PME. C’est le cas du boîtier intégré OmniPCX Office RCE (pour « Rich Communication Edition », en anglais) d’Alcatel Lucent Enterprise, qui prétend couvrir « tous les besoins de communication en IP et en numérique des PME de 5 à 200 utilisateurs ». Entre autres nouveautés, il autorise l’utilisation de solutions de communication unifiées simplifiées (messagerie instantanée, conférence à trois...) et est associé à une application mobile (Alcatel-Lucent OpenTouch Conversation) permettant aux collaborateurs d’utiliser tous les outils de communication depuis n’importe où (au bureau ou à la maison...).

Dans une même logique de convergence des équipements et des solutions de communications unifiées, le grossiste français Integrasys a commencé à distribuer, par l’intermédiaire de son réseau de revendeurs, une nouvelle offre packagée baptisée « YES! ». Jehan-Philippe Leroy, PDG d’Integrasys, indique que ce pack prêt à l’emploi destiné aux PME a l’avantage de réunir « un boîtier serveur conçu par l’équipementier Patton et une solution de communication unifiée d’Unify » (OpenScape Business). Dont acte.

DES PBX LOGICIELS

Mais dans le sillage de start-up en vogue (en particulier l’américain Slack, qui suscite moult attentions dans la presse spécialisée), Unify (ex-Siemens Entreprise Communication) et Cisco s’émancipent désormais des serveurs et dématérialisent nombre de leurs applications. L’objectif n’est autre que de remplacer le PBX par une plateforme logicielle unifiée, en mesure de réunir tous les canaux de communication.

La société Unify, rachetée par Atos fin 2015, a ainsi développé une solution dénommée Circuit : elle s’appuie sur la technologie WebRTC afin de faciliter l’accès depuis tous types de navigateurs Web à des flux audios, des vidéos haute définition ou des outils de collaboration... Quant à Cisco, il a lancé en 2015, sur la base de cette même technologie WebRTC, Cisco Spark. Ce service cloud permet aux collaborateurs de se retrouver dans des salles de réunion virtuelles, créées à la demande, pour passer des appels vocaux, organiser des conférences vidéos, ou bien partager en temps réel des documents en cours de création...

CENTREX ET CLOUD PBX

Sans grande surprise, ce sont les segments de marché des services hébergés de Centrex IP, de voix sur IP et de communications unifiées qui connaissent la plus forte croissance actuellement, selon IHS : l’institut d’étude estime que les ventes des offres en ligne se sont envolées de 22% au premier semestre 2016 et pourraient générer de l’ordre de 13 milliards de dollars de revenus d’ici 2020 à l’international.

« Les nouveaux services cloud sont hébergés en mode Centrex par les opérateurs ou bien directement par les éditeurs », relève Romuald Grimaud, directeur de l’agence lyonnaise HBP (réseau Alliance-Com), spécialisée dans la distribution de matériels de câblage, de vidéosurveillance, et de produits réseaux et de téléphonie. « Pour les petites entreprises cela revient à louer le système de téléphonie, comme elles le font pour les photocopieurs par exemple ».

Dans ce domaine, les services cloud de communications unifiées de Cisco et de Microsoft (Skype for Business, anciennement appelé Microsoft Lync) sont perçus comme les plus à même de se substituer prochainement aux IPBX, principalement dans les grandes entreprises.

DÉPLOIEMENTS SIMPLIFIÉS

Ces plateformes font déjà des émules sur le marché des PME. En France, Arkadin, filiale du japonais NTT Communications, cible par exemple les entreprises de toutes tailles avec une offre de téléphonie et de collaboration hébergée entièrement basée sur les solutions Skype for Business et Office 365 de Microsoft (Arkadin Total Connect).

Dans une même logique de simplification des déploiements de services de communications unifiées pour les plus petites structures, son concurrent IP Directions a pour sa part conçu le service Voice 365. « L’offre fonctionne sans installation d’un IPBX », précise Dau Phi Nguyen, responsable marketing de l’opérateur IP Directions (spécialisé dans la fourniture de solutions de trunks SIP, permettant aux entreprises de faire transiter leurs appels sur le réseau IP). « Moyennant un abonnement mensuel (15 euros par utilisateur et par mois, en moyenne), les collaborateurs ont accès à des fonctionnalités de téléphonie et de communications unifiées depuis une seule et unique interface. Il s’agit notamment de la messagerie instantanée, du partage d’écran, de l’envoi de SMS ou de la visioconférence. » Preuve que les infrastructures de communication IP ne sont plus l’apanage de happy fews...

Écrit par Christophe Dutheil

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