mardi, 02 mai 2017 14:59

Smart Home Le grand départ

Écrit par  Chloé Consigny
Smart Home Le grand départ © DR

POINT MARCHÉ - Le digital s’immisce aujourd’hui dans le quotidien de tout un chacun. C’est ainsi qu’il est possible de contrôler les dépenses d’énergie de son logement via son smartphone ou sa tablette mobile, de réguler la lumière ou encore de commander sa cuisine à distance.

Réguler la luminosité d’une pièce, mettre son four en marche, fermer ses volets ou monter le volume de la musique, sont autant de petits gestes du quotidien qui peuvent aujourd’hui se piloter depuis un smartphone ou une tablette. Si, pour le moment, seuls quelques passionnés de technologies prennent plaisir à digitaliser leurs logements, les spécialistes anticipent une très large croissance du secteur au cours des prochaines années. Ainsi, selon une récente étude publiée par Transparency Market Research, le marché de la domotique devrait atteindre 21 milliards de dollars en 2020, contre 4,41 milliards en 2014. Une très forte progression qui explique le non moins fort engouement des grands groupes et des start-up pour ce secteur. De la solution ultra sophistiquée qui s’implémente à même le bâtiment au gadget ludique, le marché de la maison intelligente est en plein essor.

LE DIGITAL, NOUVELLE NORME DES BÂTIMENTS NEUFS

« Dans le logement neuf, le digital est une prestation standard. La question ne se pose même plus », explique Imad Abdallah, directeur général d’Aareon France, entreprise spécialisée dans les systèmes d’information pour la gestion immobilière. Et de fait, les nouveaux logements livrés sont dotés de capteurs qui facilitent la maintenance et la gestion à distance de l’eau ou encore de la température intérieure des logements. À ces équipements lourds s’ajoutent des solutions plus légères, directement utilisables par les occupants. « Nous avons équipé Promologis (groupe de promotion immobilière, NDLR) avec nos solutions. Sur 22000 locataires, 9000 utilisent l’application régulièrement », poursuit Imad Abdallah pour qui « la digitalisation, si elle est simple et utile, peut avoir de réelles conséquences sur la qualité de vie des habitants. Elle va par exemple permettre aux occupants d’ajuster leurs comportements en termes de consommation énergétique. À terme, ce type de solutions peut avoir un véritable impact sur la facture d’électricité finale ».

UNE PROFUSION D’OBJETS HIGHTECH À CONTRÔLER À DISTANCE

Outre la construction même du logement, le Smart Home s’invite également à l’intérieur du bâti, dans le quotidien des occupants. C’est ainsi que le géant Samsung a imaginé une « solution résidentielle totale » permettant de piloter à distance l’arrêt de l’air conditionné ou encore la mise en marche du lavelinge, du lave-vaisselle et de l’aspirateur. Un système de vidéo permet aussi de contrôler son logement à distance. Reste pour le particulier à s’équiper de l’ensemble des produits électroménagers, télé et hi-fi commercialisés par la marque. Et c’est bien cette captivité du consommateur que les grands groupes cherchent aujourd’hui à conquérir, comme l’explique Pierre Cesarini, président directeur général d’Avanquest, société qui développe et édite des logiciels spécialisés dans le monde des télécommunications. « À terme, la moindre cocotte-minute sera connectée. Le risque pour un distributeur généraliste est de perdre le lien avec son client au profit du constructeur. C’est la raison pour laquelle nous avons développé la technologie “myDevices”, une plateforme qui permet aux grands comptes une gestion sécurisée unifiée et simplifiée de l’ensemble de leurs objets connectés. L’utilisation de notre plateforme va ainsi permettre aux distributeurs de conserver ce lien avec les consommateurs, tout en leur offrant une plateforme unique permettant de gérer une multiplicité d’objets de marques différentes ».

LES LIMITES DU NUMÉRIQUE

Et pour l’heure, nombreuses sont les marques à se disputer le marché de l’électroménager connecté. Des spécialistes tels que Philips ont imaginé le multi-cuiseur connecté, tandis que chez Siemens, les frigos sont aujourd’hui capables de prendre et d’envoyer des selfies pour informer les utilisateurs de leur état de remplissage. Reste que ce foisonnement d’objets ultra high-tech pourrait vite connaître ses limites, comme l’explique Philippe Gargov, chercheur et spécialiste de la ville numérique : « j’ai le sentiment que nous sommes revenus de la période durant laquelle la domotique était l’objet de tous les fantasmes. À terme, le numérique ne devrait pas envahir les logements, mais simplement venir en support pour répondre à des attentes ciblées et spécifiques, telles que la mutualisation des ressources ». Ainsi, le digital semble aujourd’hui clairement lié à la notion d’humain. Et c’est sur cette voie de l’indispensable que certains grands groupes intensifient actuellement leurs efforts en matière de recherche et développement.

UNE MAISON INTELLIGENTE, AU SERVICE DES POPULATIONS LES PLUS FRAGILES

En plus de son pack Homelive, solution domotique à destination des particuliers, le groupe Orange, via sa filiale Orange Business Services, se positionne sur l’IoT pour le compte de ses clients entreprises en leur fournissant la connectivité. « Nous gérons plus de 10 millions d’objets connectés pour le compte de nos clients entreprises », explique Olivier Ondet, directeur des programmes IoT et Analytics pour Orange Buisness Services. L’opérateur historique a par ailleurs fait une incursion dans le monde du Smart Home en s’alliant avec l’assureur Harmonie Mutuelle. Ensemble, ils ont imaginé un boîtier Live Intercom, qui sécurise la personne (en cas de malaise, de chute) ainsi que son domicile (incendie, inondation). Un boîtier équipé de capteurs et d’un bippeur portatif qui permet un appel d’urgence en cas de problème. L’appel est ensuite traité par le plateau de services mis en place par Harmonie Mutuelle. « Grâce aux réseaux, au digital et à l’Internet des Objets, il devient possible de concevoir et de proposer rapidement des dispositifs sécurisés innovants autour des questions de santé. En associant leurs savoir-faire respectifs, Orange et Harmonie Mutuelle se donnent les moyens de co-innover plus vite au bénéfice de leurs concitoyens », détaille Mari-Noëlle Jégo-Laveissière, directrice exécutive innovation, marketing et technologies d’Orange.

Écrit par Chloé Consigny

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