vendredi, 28 avril 2017 03:45

Mains-libres et qualité vocale caractérisent les outils des communications unifiées

Écrit par  Jean-Pierre Soules
Mains-libres et qualité vocale caractérisent les outils des communications unifiées © DR

POINT MARCHÉAvec le développement des communications unifiées, une nouvelle population d’utilisateurs a redonné du souffle au marché des micro-casques et des oreillettes. Ses besoins diffèrent de ceux du grand public.

 La CU — ou communication unifiée — est apparue il y a cinq ans et elle a donné un nouveau souffle au marché, estime Jean-Baptiste Pain, responsable Europe du Sud chez Jabra. Le spectre des utilisateurs s’est élargi et de nouveaux usages sont apparus, tels que la mobilité dans l’entreprise et le nomadisme. Le terminal doit s’adapter à ces différents cas. De plus, avec la CU, on est passé à une qualité vocale professionnelle. » Une évolution également constatée chez Plantronics : « On distingue clairement deux catégories d’utilisateurs de micro-casques, déclare Philippe Tessier, responsable marketing France. D’un côté, le grand public, qui recherche avant tout la qualité musicale ; de l’autre, les professionnels qui privilégient la voix. Ces derniers constituent une nouvelle population qui a des besoins spécifiques. » De plus, dans cette catégorie d’utilisateurs professionnels, il convient, là aussi, de différencier ceux venant de la téléphonie traditionnelle, attachés au poste téléphonique classique, de ceux qui arrivent directement à la communication unifiée, caractérisée par le téléphone sur PC (softphone) et dont les outils sont également le smartphone et la tablette. « Dans leur usage, les outils de CU se caractérisent par le mainslibres, la simplicité, la qualité audio et l’autonomie, résume Axel Perret-Gentil, directeur commercial télécom France et Afrique francophone chez Sennheiser. Il n’y a pas de technologie particulière, mais il faut rechercher la meilleure combinaison possible entre elles ».

LE FILAIRE RÉSISTE

À la base, il existe trois familles de produits, très complémentaires. La première, c’est le micro-casque avec plusieurs variantes (serre-tête, tour de nuque....), éventuellement avec prise jack 3,5 mm et le sans-fil. La deuxième, se compose de l’oreillette (intraauriculaire, tour d’oreille...). Enfin, la dernière couvre la gamme des modules mobiles d’audio-conférence. En les croisant avec les différentes technologies de connectivité (filaire, sans-fil), on obtient une palette très large. « Le micro casque USB et jack a encore un grand succès, estime Axel PerretGentil. Il représente 80% des déploiements en entreprises, contre 20% pour le DECT et BT. Le casque USB serre-tête reste le plus utilisé car confortable pour un usage prolongé ».

PLUSIEURS TERMINAUX POUR UN UTILISATEUR

En fait, avec l’essor de la mobilité, « le même utilisateur dispose de plusieurs terminaux : casque DECT au bureau et oreillette en dehors », remarque Jean-Baptiste Pain. Le DECT reste en effet très présent, du fait de sa qualité sonore et de sa sécurité grâce à DECT Security. Chez certains constructeurs, le micro-casque est proposé avec un dongle DECT. L’utilisateur peut se déplacer dans l’entreprise tout en restant connecté, grâce à la portée de 80 à 100 mètres du DECT. Ce qui convient par exemple dans des bureaux open space. Quant à la prise jack, les avis sont partagés. Par exemple, elle est très présente sur pratiquement toute la gamme Sennheiser. Elle permet notamment une connexion avec le smartphone, sans trop tirer sur la batterie de ce dernier. Chez Plantronics, on estime que « la connectivité jack n’est pas la plus réclamée. » Cependant, elle reste disponible sur certains de leurs modèles, via un petit module.

Pour l’oreillette, le Bluetooth (BT) s’impose. Ses dernières évolutions (BT 4.1) ont optimisé ses performances, notamment en matière d’économie d’énergie. De plus, il permet une double connectivité simultanée (smartphone et tablette, par exemple). Cependant, « le Bluetooth n’est pas adapté à la voix haute qualité », estime Axel Perret-Gentil.

La grande nouveauté réside dans l’arrivée du module d’audioconférence. À l’heure du travail collaboratif, il permet d’organiser des audioconférences réunissant de 5 à 15 personnes, selon les modèles et les constructeurs, dans une salle de réunion. Côté connectivité, l’USB reste la base, permettant de recharger le module. S’y ajoutent souvent BT et prise jack, pour une connexion avec smartphone.

LE LOGICIEL DEVIENT PRIMORDIAL

En déplacement, le bruit ambiant perturbe souvent les communications. Pour y pallier, il existe deux technologies, dites d’élimination du bruit (noise cancelling), l’une active et l’autre passive. La première se retrouve surtout dans les casques. Des micros captent ces bruits parasites et génèrent des « contrebruits », qui les annulent. « Le logiciel devient primordial dans l’amélioration des performances audio des équipements », souligne Axel Perret-Gentil. La technologie passive consiste à empêcher les bruits extérieurs de parvenir jusqu’au conduit auditif. Généralement, le micro-casque recouvre entièrement les oreilles, les isolant ainsi de l’extérieur. Pour une oreillette, l’astuce consiste à dessiner l’écouteur de manière à ce qu’il remplisse entièrement le conduit auditif.

LE PRIX RESTE LE PREMIER CRITÈRE DE CHOIX

Dans cette panoplie d’équipements, le prix reste le premier critère de choix. Le filaire garde l’avantage. En effet, son coût varie de 50 à 200 euros, tandis que celui du sans-fil évolue de 100 à 350 euros. Ainsi, selon Jabra, le parc français compte 60% de filaire et 40% de sans-fil. Même constat chez Plantronics, dont les ventes sont respectivement de 2/3 et 1/3. Cependant, l’usage modifie les choix de l’entreprise. « Une société qui se lance dans la CU commencera par des microcasques filaires bas de gamme, observe Philippe Tessier. Puis, à l’usage, elle s’aperçoit que les besoins diffèrent d’une catégorie de personnels à l’autre. Aussi, lors du renouvellement, par exemple, elle choisit alors les modèles en fonction des profils des utilisateurs. » Dans cette évolution, comme dans de nombreux domaines, le sansfil gagne du terrain, parce qu’il offre plus de liberté à l’utilisateur et que les coûts baissent. De plus, certains acteurs influent fortement sur le marché. « Ainsi, l’arrivée de l’iPhone 7, sans connexion filaire, va peser dans la balance », conclut Jean-Baptiste Pain.

 

Écrit par Jean-Pierre Soulès

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