mercredi, 25 mars 2015 12:00

Seniors : de plus en plus de produits et services

Écrit par  Hervé Reynaud

La silver économie poursuit son développement et les solutions numériques à destination des seniors ne cessent de s’étoffer. Aux téléphones résidentiels et aux features phones viennent s'ajouter des smartphones et des bracelets connectés, en attendant les robots domestiques. Enquête sur le dynamisme commercial du secteur et sur l'offre disponible.

Le potentiel du marché des seniors n'est plus à démontrer ni à argumenter, il est validé par toutes les études portant sur le sujet. Du reste, le développement de ce marché est tout simplement mécanique, il est lié à l'évolution démographique de notre pays. Selon l'INSEE, les plus de 60 ans seront plus de 20 millions en France en 2030 (contre 15 millions aujourd'hui). Comme cette catégorie de la population dispose d'un pouvoir d'achat supérieur à celui de la moyenne nationale, et que ses besoins sont pour l'heure adressés de manière très incomplète, la valeur du marché de la silver économie est gigantesque. Elle devrait dépasser les 130 Mds € dès 2020 dans l'Hexagone. Dans ce contexte, les fournisseurs de produits et services numériques ont une carte très importante à jouer. La filière se structure notamment autour de la Silver Valley, un pôle d'innovation dédié au développement des entreprises du secteur et basé à Ivry-sur-Seine. Aujourd'hui, cette organisation regroupe déjà plus de 200 entreprises (voir encadré) dont Doro est la figure de proue. En effet, le constructeur suédois s'est imposé au fil des années comme le leader incontesté, en Europe, des terminaux mobiles conçues pour les seniors. « Le segment des features phones est en légère décroissance désormais sur le marché des seniors, au profit des smartphones qui se développent progressivement, explique Jérôme Arnaud, p-dg de la société, ces derniers ont d'ailleurs représenté 15 % de nos ventes sur le dernier trimestre 2014 ». Avec un chiffre d'affaires toujours en forte croissance (12 % sur l'ensemble de l'année dernière), Doro continue donc à défricher le marché et à développer sa gamme en y intégrant petit à petit de nouvelles fonctionnalités. « Il est important de rester persistant dans notre positionnement et d'élargir progressivement notre gamme grâce à des produits avec lesquels les seniors se sentent à l'aise et en contrôle », explique Jérôme Arnaud. Pour faire la démonstration de ses produits, Doro a d'ailleurs ouvert une boutique à Paris et projette d'en faire autant dans d'autres capitales européennes. Aujourd'hui, le fabricant commercialise notamment son dernier feature phone, le Phone Easy 632 (149 €), qui est récemment venu épauler les Phone Easy 612 (99 €), 621 (129 €) et 622 (149 €). Par ailleurs, Doro a lancé un nouveau smartphone en fin d'année dernière, le Liberto 820 (Android 4.4, 8 Mpixels, GPS, 249 €) qui a été récompensé lors du dernier MWC de Barcelone par le prix du « meilleur appareil mobile pour l'accessibilité et l'inclusion ». Ce modèle est d'ailleurs accompagné par le Liberto 820 Mini (169 €), une version plus compacte. Parallèlement, le Liberto 810 (179€) est toujours commercialisé. Doro propose aussi un PC dédié aux seniors, l'Easy PC (avec sur-clavier en silicone, surcouche logicielle adaptée, écran tactile, 799 €) et projette de lancer sa première tablette très prochainement. « Désormais, nous allons essayer d'ajouter des services qui donnent encore plus de raisons d'utiliser des produits Doro, explique Jérôme Arnaud, nous venons notamment de lancer l'application Connect and Care que les seniors peuvent télécharger sur leur smartphone ». Ce service leurs permet de bénéficier de la solidarité de celles et qui, dans leur voisinage, souhaitent leurs apporter de l’aide en cas de besoin. Les voisins d'une personne âgée peuvent en effet s'inscrire sur ce véritable petit réseau social afin de se porter volontaires à des requêtes géolocalisées. « L'idée est de relayer la solidarité naturelle avec une solution technologique », détaille Jérôme Arnaud. Ce service, qui sera lancé en juin, sera facturé quelques euros par mois aux seniors concernés.

Derrière le leader Doro, le marché se recompose

De son côté, le constructeur autrichien Emporia Telecom s'est complètement réorganisé et a repris en main la direction de sa filiale française depuis l'Autriche. Les résultats espérés n'étant pas au rendez-vous, le fabricant a décidé de revoir sa gamme de produits dans l'Hexagone. « Le marché des seniors est plus mature en Allemagne, mais le dynamisme est quand même important en France, observe Wulf M. Weigel, p-dg de la société, toutefois, nous avons constaté que les consommateurs français évitaient les produits qui stigmatisaient les seniors, nous avons donc réorienté notre gamme en tenant compte de ce paramètre ». Désormais, l'offre d'Emporia est structurée autour de trois feature phones : les Emporia ECO (49,90 €), FLIP (59,90 €) et GLAM (89,90 €). Par ailleurs, le fabricant a présenté et lancé son premier smartphone lors du dernier MWC. Il s'agit de l'Emporia SMART (Android 4.4, 250 €) qui sera progressivement distribué en France au cours de ce deuxième trimestre. « Nous sommes très contents de ce smartphone et nous attendons de connaître la réaction des consommateurs à son égard, explique Wulf M. Weigel, les distributeurs auront un vrai rôle à jour en matière d'explication de ce produit auprès des seniors ».

Parallèlement à ces deux spécialistes que sont Doro et Emporia Telecom, divers autres constructeurs adressent maintenant le segment des seniors. C'est le cas de Kapsys qui commercialise depuis quelques mois un smartphone dédié, le SmartConnect (Android, clavier tactile et physique, 249 €), ou encore de Fujitsu qui propose depuis l'année dernière son Stylistic S01 (Android, 219 €). Le fabricant nippon pourrait lancer prochainement une version 4G de ce modèle. De son côté, Telefunken cible le marché des seniors avec des feature phones (notamment les TM130, 39 €, et TM230, 59 €) et un smartphone (le TS450, 159 €), alors que Thomson compte bien s'appuyer sur sa marque (très rassurante pour les plus de 60 ans) pour faire son trou sur ce segment. « Pour l'heure, celui-ci représente un marché encore assez petit, compris entre 300 et 400 000 pièces par an hors boutiques d'opérateurs, observe Philippe Samuel, p-dg d'ADMEA (qui commercialise les produits Thomson), mais, les distributeurs non spécialisés, c'est-à-dire les grandes surfaces alimentaires, commencent à s'intéresser à ce marché ». Thomson dispose d'une gamme très complète, allant de la téléphonie résidentielle à la téléphonie mobile. Citons notamment les Safy (29,90 €), Comby (79,90 €) et Connecto (qui vient d'être lancé) en matière de produits résidentiels. Côté feature phones, ADMEA occupe le terrain avec ses Serea 50 (39,90 €), Serea 60 (59,90 €) et Serea 65 (69,90 €). Enfin, en ce qui concerne les smartphones, le Serea 350 (99,90 €) vient d'être épaulé par le Serea 405 (149 €). « Pour 2015, notre objectif est de devenir un acteur référent du secteur de la téléphonie mobile senior, en couvrant entre 15 et 20 % du marché », indique Philippe Samuel.

Nouveaux acteurs et nouveaux services

Le groupe Avenir Telecom a lui aussi parfaitement identifié le créneau des seniors comme porteur de croissance. Il l'adresse avec sa marque de téléphones mobiles Yezz. « Nous souhaitons nous positionner sur un segment qui est pour l’instant un marché de niche, mais qu’il ne faut pas louper car il va évoluer, explique Marion Chaparro, responsable de communication pour la marque Yezz en Europe, aujourd'hui, notre stratégie consiste à proposer des bartypes et des modèles à clapet, qui plaisent particulièrement aux seniors, mais aussi des smartphones ». Ainsi, coté feature phones, le fabricant commercialise le ZC20 (bartype 2G avec bouton SOS, Bluetooth, socle de rechargement, 39 €) et le Z50 (clapet, 2G, bouton SOS, dual SIM, double écran, appareil photo, 79 €), alors que, côté smartphones, il pousse l'AZ 4.5 (Android, dual SIM, surcouche logicielle, appareil photo 5 Mpixels, 149 €). « Pour ce marché des seniors, nous allons rester sur une gamme de 3 à 4 produits qui couvrent l'ensemble des besoins », précise Marion Chaparro.

Le fabricant chinois Haier est lui aussi en train de se positionner de manière très claire sur ce segment. Après avoir lancé en janvier l'E-ZY A6 (Android, touche SOS, 100 €), un smartphone qui dispose notamment d'une interface adaptée permettant d'insérer des photos de proches afin de pouvoir les appeler facilement, le constructeur commercialisera à partir de mois de juin l'E-ZY A8 (Android, 4,5 pouces, socle de rechargement, fonction de télécommande universelle, 130 €) qui a été présenté lors du MWC début mars. « Et puis, nous avons ajouté un service d'assistance, explique Christophe Chancenest, directeur marketing et ventes pour l'Europe, il s'agit d'une véritable conciergerie grâce à laquelle les utilisateurs ont accès à une multitude de services ». Proposée en partenariat avec Garantie Assistance, une filiale de SwissLife, ce service permet en effet aux seniors d'être mis en contact avec divers spécialistes (médecins, ergothérapeutes, psychologues), d'être aidés pour le remplissage de documents administratifs ou encore

d'être informés sur l'honnêteté de prestataires extérieurs (plombier, garagistes...). De plus, il permet aux aidants de bénéficier de la prise en charge de billets de train ou d'avion, ainsi que de deux nuits d'hôtel, pour se rendre au chevet de leurs proches. « Nous avons voulu aller très loin en matière de services afin de nouer des relations avec les seniors avant qu'ils ne soient dépendants, car cette relation sera sans doute conservée plus tard », explique Christophe Chancenest. Le service est proposé au prix de 8 €/mois et offert pendant 6 mois aux acquéreurs de l'E-ZY A6.

Des télécoms à la santé… et à la robotique !

Avec ce service d’assistance très évoluée, Haier est en train de marcher sur les plates-bandes de Bazile Telecom qui propose depuis 2009 des offres associant un mobile, un forfait de communication et l'accès à un service d'opératrices. Mais l'opérateur a bien sûr plusieurs longueurs d’avance dans la connaissance de ce marché et possède déjà 15 000 abonnés à ses services. « Nous avons connu un rythme de croissance assez soutenu ces deux dernières années, puisque nous avons doublé notre chiffre d'affaires, explique Yves Morel, p-dg, cela démontre bien que notre expertise nous permet aujourd'hui d'adresser une vraie demande ». Bazile Telecom a récemment changé de nom pour devenir tout simplement Bazile et proposer deux gammes de services distinctes : Bazile Telecom justement pour la partie communication et Bazile Télésanté. Ainsi, les clients de l'opérateur bénéficier d'une téléassistance mobile permettant par exemple de détecter des chutes, mais aussi de services de télémédecine pour avoir un avis médical en ligne ou encore disposer d’un dispositif de rappel pour les prises de médicaments. « Aujourd'hui, 40 % de notre clientèle a plus de 80 ans, si les accompagner sur les télécoms reste notre cœur de métier, nous pouvons aussi le faire sur la partie santé », explique Yves Morel. L'offre de l'opérateur se compose donc aujourd'hui d'un forfait voix-SMS-MMS illimités à 29,90 €/mois (incluant des services de recherches annuaire, de mises en relation téléphoniques et de renseignements sur l’utilisation du téléphone), de la téléassistance à 12 €/mois (ou 15 € pour les non-abonnés au téléphone) et de l'offre de télésanté à 21 €/mois. Côté terminaux, Bazile distribue les produits Doro, Emporia, Thomson, Alcatel et MaxCom (à noter que le MaxCom 715BB est livré avec un bracelet d’urgence muni d'un bouton SOS et permettant de déclencher des alertes). Par ailleurs, l'opérateur travaille au développement d’applications mobiles reste d'une manière générale à l’affût des innovations. « Je crois beaucoup à la robotique, il y a un certain nombre d’initiatives en la matière et c'est un nouvel horizon pour le marché des seniors, explique Yves Morel, Aldebaran sortira un premier robot pour les seniors dans les toutes prochaines années ».

Sécurité, lien social, tâches quotidiennes… des robots bien utiles

En effet, le leader français de la robotique, racheté par l'opérateur mobile japonais SoftBank en début d'année, poursuit son programme Roméo 2 (lancé en 2012) destiné à développer un robot qui serait capable d'aider les personnes âgées dans diverses circonstances de leur vie quotidienne. « Nous savons qu'il existe un vrai besoin et nous pensons que les robots peuvent rendre de vrais services aux seniors, explique Rodolphe Gelin, directeur de recherche de la société, du reste, nous en discutons déjà avec les compagnies d'assurances, même si nous inscrivons plutôt sur le moyen terme pour ce projet ». Aldebaran a identifié trois domaines pour lesquels la robotique pourra constituer un apport pertinent pour les seniors : la

sécurité (un robot peut veiller, rappeler les prises de médicaments, s'assurer que les personnes s'alimentent et s'hydratent correctement, alerter en cas d'anomalie sur l'heure des levers, la vitesse de marche, etc.), le lien social (un robot peut stimuler cognitivement une personne, lui parler, la faire jouer, l'inciter à appeler des amis, la famille, du reste un robot peut même proposer de s'occuper de la mise en relation via Skype par exemple) et l'aide aux tâches quotidiennes (l'habillage, la cuisine, etc.). « Aujourd'hui, Romeo commence à être fonctionnel, notamment grâce à une vraie amélioration dans le dialogue et dans la détection des émotions », explique Rodolphe Gelin. Autant de briques fonctionnelles qui vont être intégrées dans le robot au cours de cette année 2015. Les essais en conditions réelles, avec des personnes âgées, seront pour leur part effectués l’année prochaine. Mais le premier robot commercialisé par Aldebaran, le fameux Nao (5000 € en B to B), est déjà utilisé dans une cinquantaine de maisons de retraite en Europe, notamment en Belgique et aux Pays-Bas. « Dans ce type d'usages, le robot est dans le hall, c'est un vrai petit concierge qui répond aux questions des pensionnaires, sur le repas du midi ou les programmes de télé du soir, il peut aussi faire faire des exercices physiques sous le pilotage à distance d'un kinésithérapeute, explique Rodolphe Gelin, par ailleurs, d'un point de vue social, Nao est un vrai sujet d’intérêt et de discussion dans les maisons de retraite ». Aldebaran est actuellement en discussion avec plusieurs maisons de retraite en France autour de Nao. Le troisième modèle du fabricant, baptisée Pepper (1500 € en B to B), pourra aussi être commercialisé auprès des EHPAD mais il n'est pour l'heure disponible qu'au Japon. A noter qu'une autre société française, BlueFrog Robotics, est en train d’avancer à grand pas elle aussi sur le marché de la robotique pour seniors.

Bracelets et tags connectés pour lutter contre 'Alzheimer

En attendant l'avènement des robots, d'autres innovations vont vu le jour ces derniers mois, comme les bracelets connectés pour personnes âgées. Citons celui proposé par les sociétés françaises Movea et Myfox. Baptisé WIG (Where Is Granny ?), il permet d'alerter les proches ou les soignants d'une personne en cas de détection de chutes ou simplement de ralentissement de la vitesse de marche. Un bracelet similaire, nommé Tempro, est proposé par la société américaine CarePredict. Par ailleurs, des innovations issues d'entreprises de la Silver Valley commencent également à commercialisées. Ainsi, une cinquantaine de maisons de retraite utilisent les applications pour tablettes développées par Dynseo. « Nous avons commencé par des tests cognitifs pour les neuropsychologues, les gériatres et les généralistes, puis nous avons travaillé sur des jeux de mémoire pour les EHPAD ou pour les seniors à domicile », explique Justine Sauquet, cofondatrice de la société. Aujourd'hui, l'hôpital Broca à Paris est lui aussi en train de valider les applis de Dynseo. Par ailleurs, l'éditeur est en train de travailler au développement d'un réseau social destiné aux aidants permettant de mettre en place un dispositif d'alertes géolocalisées. « Nous proposerons cette solution en marque blanche aux établissements qui souhaitent mettre à disposition des familles de leurs pensionnaires un service de ce type », explique Justine Sauquet.

De son côté, la société Happytal propose aux proches de personnes hospitalisées d'améliorer à distance le quotidien de ces dernières en leur faisant délivrer des produits ou des services. « Aujourd'hui, nous proposons une trentaine de services allant de la pédicurie aux plateaux repas, en passant par la coiffure ou le lavage de linge, explique Romain Revellat, associé fondateur, nous allons également lancer une application mobile

mais nous avons préféré commencer par un site internet HTML 5 afin d'être agnostiques en terme d'OS et de devices ».

Bien entendu, les collectivités sont aussi parfois à l'initiative de projets innovants pour les seniors, comme le conseil général de l'Ariège, qui a mandaté l'agence de développement économique Ariège Expansion pour trouver des solutions technologiques permettant notamment d'améliorer la sécurité des structures d'hébergement collectifs de personnes âgées. « Dans ce cadre, nous avons donné naissance au programme e-Apy, et nous avons notamment travaillé avec le centre hospitalier du Val d'Ariège qui a ouvert un EHPAD pour les personnes atteintes d'Alzheimer », explique Hervé Denudt, chargé de développement au sein d'Ariège Expansion. Pour cet établissement ouvert (les personnes peuvent y déambuler librement, ce qui contribue à une réduction de la démence), une solution de surveillance d'un nouveau genre a été développée. Elle repose sur un patch souple (intégrant un système électronique) se collant dans dos des patients (entre l’omoplate et la colonne vertébrales afin d'éviter tout arrachement), et qui permettant de détecter les fugues. Ce dispositif, baptisé projet Sacha, fonctionne sur le réseau bas débit de Sigfox (qui est d'ailleurs pilote du projet). « Des démonstrations ont été faites, le projet fonctionne et une version bracelet a été développée pour le maintien à domicile », explique Hervé Denudt. Aujourd'hui, Ariège Expansion travaille à d'autres projets, notamment autour du développement d'une plate-forme de téléassistance pour les EHPAD, ou encore autour d'une solution de modélisation des comportements de vie des seniors (en prenant en compte les usages des équipements d'eau et d'électricité notamment) destinée à assurer une surveillance sans capteurs. Vive l'innovation !

Hervé Reynaud

Microsoft a rejoint la Silver Valley

« Nous avons commencé à identifier les enjeux de ce marché il y a quelques années en nous demandant comment le numérique pouvait accompagner le mieux-vieillir, explique Laurence Lafont, directrice de la division grand public de Microsoft France, puis, nous avons souhaité rejoindre la Silver Valley l'année dernière car nous pensons que le marché va se développer dans le cadre d'une fédération d'acteurs ».Aujourd'hui, Microsoft met à disposition des start-up de la Silver Valley ses programmes d'accompagnement pour les aider au développement de projets, et surtout travaille avec son écosystème de partenaires pour concevoir des solutions adaptées pour les seniors. Par exemple, l'éditeur collabore avec Genius pour développer des jeux adaptés sur la Kinnect, ou encore avec Avanade pour finaliser une application destinée à faciliter l'hospitalisation à domicile. « Et puis, Lync et Skype, que nous avons fédérés, permettent la télé-expertise et suscite beaucoup d'intérêt du monde hospitalier, de la médecine de ville et des collectivités », indique Laurence Lafont.

 

3 questions à Benjamin Zimmer, directeur de la Silver Valley

Comment se porte la silver économie en France, aujourd’hui ?

Ce marché en est encore à ses balbutiements. Les chiffres sont difficiles à établir car nous sommes sur une segmentation multi-secteur. En revanche, si nous regardons uniquement les entreprises qui sont des pure players de la silver économie, c'est-à-dire qui réalisent 100 % de leur chiffre d'affaires sur ce segment, nous comptabilisons déjà 2000 emplois en Ile-de-France, un total qui devrait atteindre les 5000 postes d'ici trois ans. Pour notre part, nous travaillons à mettre en place les conditions permettant à de jeunes entreprises de lever des fonds et de se développer. Nous regroupions une cinquantaine d'entreprises fin 2012, une centaine fin 2013 et environ 200 fin 2014. Je crois que nous réunissons désormais les conditions d'une véritable filière.

Quels sont les freins encore à lever ?

Il existe des freins propres à ce marché, notamment le fait que l'appétence des personnes âgées à acheter des produits innovants est plus faible que celle des trentenaires, par exemple. Par ailleurs, il reste un gros travail de sensibilisation à réaliser auprès des acteurs de la filière, notamment en matière de formation des entrepreneurs, ce qui nous amène du reste à intervenir aujourd'hui dans des écoles d'ingénieurs, des écoles de commerce et des universités. Il y a encore également un gros travail à faire dans la distribution car pour vendre aux seniors il est important d’éviter de stigmatiser, par conséquent il y a tout un marketing intelligent à

développer. Les leaders du marché, comme Doro, sont déjà très performants sur ces aspects.

Quelles sont les prochaines étapes de développement pour la Silver Valley ?

Nous avons un business-plan établi pour les trois prochaines années. Notre ambition est de franchir la barrière des 300 membres d'ici la fin de l'année 2017, un total qui devrait générer environ 5000 emplois. A cette date, nous souhaitons également nous approcher du milliard d'euros de chiffre d'affaires, alors que nous en sommes à 500 millions aujourd'hui. Il y a une vraie dynamique, la France est aujourd'hui un des leaders mondiaux en matière de silver économie, même si d'autres pays, comme le Japon, sont plus avancés. Et il reste encore beaucoup à faire. Du reste, nous avons mis en place l'année dernière une structure similaire à la Silver Valley au Québec. Elle se nomme Sage Innovation.

 

 

 

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